[Une vue aérienne de l’extérieur de la forge du village patrimonial de Westfield.]
[NARRATEUR:] Il s’agit de la forge de Westfield, située dans le district de Flamborough, en Ontario. Elle date des années 1880, à la fin de la période victorienne.
[Un plan intérieur de la forge. On voit trois forgerons (deux hommes et une femme) debout parmi divers outils et équipements de forge].
[Un gros plan sur un soufflet qui expulse de l'air.]
[NARRATEUR :] À cette époque, les petits ateliers de forge locaux avaient cédé la plus grande part du marché des produits prêts à l’usage aux usines de fabrication de voitures à vapeur des régions urbaines.
[Une photo en noir et blanc de la forge de John L. Woodbury située à Hamilton, en Ontario, dans les années 1870].
[Une photo en noir et blanc de trois forgerons posant à l'intérieur d’une forge entourés de fers à cheval, d'enclumes et de divers outils et équipements de forge.]
[Une photo en noir et blanc d'une route urbaine très fréquentée à Hamilton, en Ontario].
[Un plan de deux forgerons travaillant sur un morceau de métal. L'un tient une tige métallique qui vient d'être chauffée dans la forge et la place sur une enclume. L'autre forgeron se tient en face de lui, de l'autre côté de l'enclume.]
[NARRATEUR :] La plupart des forgerons se sont consacrés alors aux travaux de réparation et d’amélioration ainsi qu’à la fabrication d’articles pour chevaux.
[Une photo en noir et blanc d'un maréchal-ferrant attachant un fer à cheval sur un cheval. Trois autres hommes se tiennent autour de lui et le regardent accomplir son devoir.]
[NARRATEUR :] Cependant, les forgerons n’étaient pas encore condamnés à travailler exclusivement dans le secteur des chevaux. Ils avaient un allié insoupçonné issu d’un lieu inattendu.
[Une illustration de William Morris. Une photo en noir et blanc de William Morris. Une illustration d'un portrait de William Morris.]
[Une interprétation artistique par Linn Warme de William Morris dans le style du mouvement Arts and Crafts].
[Une photo en gros plan d'un heurtoir en métal inspiré de l'esthétique du mouvement Arts and Crafts].
[NARRATEUR :] William Morris était le surdoué typique de l’ère victorienne. Il était à la fois designer et poète, artiste et romancier, défenseur de l’environnement et militant socialiste. Mais, ce qui est plus important encore pour les forgerons, c’est le fait qu’il était également considéré comme le fondateur du Mouvement « Arts and Crafts ».
[Une photo en noir et blanc d'hommes travaillant à une chaîne de montage dans une usine].
[Une photo en noir et blanc de plusieurs hommes à la fin des années 1800 devant une forge. On peut voir une calèche sur le côté gauche de la photo, ainsi qu'une voiture vide sur le côté droit].
[NARRATEUR :] Pendant la révolution industrielle, avec l’essor de la production de masse et des machines, Morris, comme beaucoup d’autres artisans, a souhaité retrouver l’esprit et la qualité de l’artisanat préindustriel. Il était convaincu que le lien direct entre l’artiste et ses œuvres était essentiel non seulement pour susciter une satisfaction authentique, mais aussi pour créer des produits de la plus haute qualité.
[Une illustration d'un ancien forgeron travaillant à l'intérieur d'une forge. On peut voir une jeune fille qui regarde le travail du forgeron à l’entrée de la porte de la forge].
[Un forgeron martèle une tige métallique sur la bigorne d'une enclume.]
[Un forgeron tordant une morceau de métal à l'aide d'un étau fixé à une table à l'intérieur de la forge].
[NARRATEUR :] Cette forme esthétique est passée d’une mode stylistique réservée aux riches à un vaste mouvement culturel dans le monde victorien. Il y a donc eu une demande pour la ferronnerie artisanale, qui a permis aux forgerons d’avoir accès à un marché de niche où ils pouvaient mettre leurs compétences à profit.
[Un gros plan sur les mains d'un forgeron. Il présente la morceau de métal à la caméra.]
[Le forgeron utilise un marteau et la bigorne de l'enclume pour former un anneau sur la tige métallique.]
[Les plans de la charnière de portail reposant sur une enclume.]
[NARRATEUR :] C’est ici que le forgeron, traditionnellement le fournisseur d’objets métalliques pratiques, amorce son parcours en tant qu’artisan créatif.
[Un gros plan sur la charnière de porte terminé, inspiré du mouvement Arts and Crafts].
[Un forgeron utilise un pinceau pour peindre une sculpture d’un pavot en métal avec une teinte rouge].
[Un gros plan sur quelques outils de forgeron posés sur une table].
[Une apprentie forgeronne et un forgeron se tiennent côte à côte dans une forge.]
[Un plan d'un forgeron qui tourne un ventilateur dans une forge faiblement éclairée.]
[Une apprentie forgeron scie une fine tige métallique sur une table à l'intérieur d'une forge].
[NARRATEUR :] Les artisans forgerons font leur apparition, et par artisans, nous entendons aussi bien les hommes que les femmes.
FORGERONNE :] « On pense souvent, à tort, que les femmes n’ont jamais été forgeronnes, mais les documents écrits dont nous disposons nous disent que ce n’est pas le cas. Au Moyen Âge, en Angleterre et en Europe, tous les gens de métier et les artisans devaient faire partie d’une guilde. Les guildes ressemblaient en quelque sorte à nos syndicats modernes, mais elles étaient également chargées de former les gens. Si vous ne faisiez pas partie d’une guilde, vous n’étiez pas autorisé à exercer votre métier. »
[FORGERONNE :] « Nous avons donc des traces écrites d’appartenance à des guildes. L’une de ces guildes se trouvait à Londres, en Angleterre. Elle s’appelait « The Worshipful Company of Blacksmiths » et, en 1434, sa liste de membres comprenait 65 hommes et 2 femmes. Il s’agit donc d’un métier dominé par les hommes, mais les femmes forgent depuis au moins 600 ans, selon les traces écrites. »
[FORGERONNE :] « En Amérique du Nord ou sur l’Île de la Tortue, nous n’avions pas vraiment des guildes, mais nous avons des états de recensement écrits qui nous renseignent sur les forgeronnes dans cette partie du monde. »
[FORGERONNE :] « Donc, en 1890, il y a eu un recensement aux États-Unis et tout le monde a dû indiquer sa profession. »
[FORGERONNE :] « Il y avait donc plus de 200 000 hommes et 58 femmes qui ont inscrit « forgeron » comme profession à cette époque. Donc, encore une fois, les femmes exerçaient le métier de forgeronne dès le début des recensements dans le domaine, mais certainement pas en aussi grand nombre que les hommes. »
[Les trois forgerons travaillant ensemble à l’intérieur de la forge.]
[FORGERONNE :] « Voyez-vous, je pense que c’est important que les femmes et les filles sachent ce qu’il en est. »
[Une vue aérienne de l’extérieur de la forge du village patrimonial de Westfield.]
[NARRATEUR :] Le village patrimonial de Westfield est situé dans un décor champêtre pittoresque, entre les villes de Cambridge et de Hamilton.
[Une carte du village patrimonial de Westfield.]
[NARRATEUR :] Occupant une superficie de 204 hectares de terres protégées, le site historique abrite fièrement une collection de plus de 25 bâtiments historiques.
[On voit des étincelles lorsqu'un forgeron utilise un poinçon et un marteau pour créer un trou dans une morceau de métal chauffée placée sur une enclume].
[NARRATEUR :] Certains de ces bâtiments sont décorés, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur, d’ornements métalliques dans le style du mouvement victorien « Arts and Crafts ».
[Un gros plan sur la charnière de porte en métal inspirée du mouvement Arts and Crafts].
[Un forgeron utilise un poinçon et un marteau pour créer un trou sur un côté de la charnière en métal.]
[NARRATEUR :] Grâce au forgeron, les habitants pouvaient décorer leurs maisons avec des ornements les plus élégants et les plus esthétiques de l’époque. Le forgeron était non seulement un ouvrier forgeron qualifié, mais aussi un artisan créatif.
[Un gros plan sur les flammes de la forge.]
[Une vue aérienne de l’extérieur de la forge village patrimonial de Westfield.]
[Un gros plan sur la charnière de porte en métal, inspirée du mouvement Arts and Crafts, tenue par un forgeron].
[FORGERONNE :]: « Donc, notre projet qui est filmé aujourd’hui consiste à construire une charnière pour une porte de grange. C’est celle que nous avons déjà terminée. Donc, elle est faite de deux pièces distinctes. Cette pièce est fixée au cadre de la porte par des boulons qui passent par ces trous. Cette pièce se met en place et sera fixée à la porte. »
[Une photo des trois forgerons du village patrimonial de Westfield à l'intérieur de la forge entourés d'outils et d'équipements de forge].
[L'un des forgerons s'habille avec son tablier de forgeron].
[L'un des forgerons présente la charnière de porte en métal terminée sur une table en bois].
[NARRATEUR :] Les forgerons de Westfield ont accepté de relever un défi auquel ont pu être confrontés de nombreux forgerons dans les années 1880. Un homme riche souhaite remplacer la charnière désuète de sa porte de grange par un dispositif correspondant aux tendances artistiques en vogue à l’époque victorienne. Les forgerons doivent donc créer un dispositif fonctionnel et esthétique. Ils doivent trouver un équilibre entre la forme et la fonction.
[METTRE EN PAUSE LA VIDÉO.]
[NARRATEUR :] Si vous étiez un forgeron devant relever ce défi, que feriez-vous ?
Si vous étiez un forgeron dans les années 1880, comment feriez-vous pour créer une charnière pour une porte de grange inspirée du mouvement « Arts and Crafts » ? Regardez la vidéo ci-dessous pour découvrir comment notre forgeron a relevé ce défi.